
"Treatment of Alcoholism in La Source (Paris Suburbs, 1902-1911): a History of a Private Medical Institution"
The Social History of Alcohol and Drugs, vol. 39, n° 2, 2025, p. 185-211.
La Source was a private institution specializing in the treatment of alcoholism located in the eastern suburbs of Paris. It was founded in 1902 by Maria Legrain and her husband, a prominent French physician and temperance apostle, Paul-Maurice Legrain. They were then joined by Michel Victor Peter, a man from the bourgeoisie. Unlike other existing structures, La Source accepted only patients from the upper classes, at a time when alcoholism was usually associated with the working and lower classes in public discourse. I argue that the new institution was complementary to other existing structures. Inspired by international experience in the treatment of alcoholism, it offered a personalized medico-moral treatment based on a long stay and focused on the restoration of the will. I thus show that the class dimension of La Source was a privileged ground for directors and doctors to observe, describe, and find ways to cure alcoholism and an “ideal” place for patients to have treatment.
Cet article a été récompensé par le Prix Veissière 2026 de la Société française d'alcoologie et d'addictologie.

L'alcool(isme) et les femmes, une histoire de discours
Paris, Le Manuscrit, 2024, 199 p. – à commander auprès de votre libraire habituel.
Ce livre s’intéresse aux prises de parole féminines sur un sujet aussi complexe que l’alcool(isme), depuis la fin du XIXe siècle avec le mouvement antialcoolique naissant, jusqu’à la fin du XXe siècle. Il cherche à circonscrire, au prisme de ces discours, la catastrophe que décrivent les médias français dans les années 1980, « l’alcoolisme chez les femmes ». Et ce, au moment même où guéries, les buveuses commencent à prendre la parole – à la radio, dans l’émission Les Problèmes du cœur animée par Menie Grégoire, puis à la télé, avec Laure Charpentier, écrivaine et première femme ancienne malade à se présenter à la télé à visage découvert. À la croisée de l’histoire des femmes, du genre, de la médecine, des addictions, des médias et des associations, l’argumentaire de ce livre se déploie en trois parties aux titres empruntés au vocabulaire de la Croix-Bleue. Importée de la Suisse en France en 1883, cette association protestante milite pour l’abstinence totale et s’occupe du « relèvement des buveurs » : c’est la précurseure des Alcooliques anonymes. Trois motifs d’adhésion sont arrêtés pour ses membres : « pour encourager les faibles », à l’intention de ceux qui ne boivent pas et veulent donner un exemple aux autres ; « pour se préserver ou pour d’autres motifs », afin de limiter sa consommation et aider ceux qui ont une personne malade dans leur entourage ; et « pour se corriger », pour les alcooliques. Ces expressions sont ainsi utilisées pour caractériser les discours féminins : ceux des militantes engagées volontairement, ceux des épouses souffrant des abus de leurs maris, enfin, ceux des buveuses nécessitant du soutien.

"L'antialcoolisme en France comme objet d'histoire : généalogie et perspectives"
Histoire, médecine et santé, n° 26, 2024, p. 35-53.
Cet article passe en revue et analyse les évolutions dans l’historiographie sur l’antialcoolisme français. Au début, son histoire s’écrit par les acteurs de ce mouvement, en parallèle de l’émergence et du développement des associations, entre les années 1830 et le milieu du xxe siècle. Le climat propice des années 1950-1970, avec la création des organismes financeurs et le cultural turn, érige l’antialcoolisme en un véritable objet d’étude. Cependant, après les travaux fondateurs des historiens Thierry Fillaut, Didier Nourrisson, Patricia Prestwich et Myriam Tsikounas, l’intérêt pour le mouvement s’estompe. C’est dans les années 2010 que le changement d’échelle de réflexion (considérer les initiatives antialcooliques nationales comme faisant partie d’un mouvement transnational), la grande disponibilité d’archives et l’approche thématique (groupements ouvriers, activité féminine) ou locale (projet MALCOF) amorcent un renouvellement historiographique.

"Les Siegfried combattent le 'dragon Alcool'"
Avec Didier Nourrisson, dans Carole Christen (dir.), Jules Siegfried (1837-1922). Négociant international, républicain libéral et réformateur social, Paris, Classiques Garnier, 2024, p. 269-287.
La famille Siegfried a adhéré au mouvement antialcoolique français dès que celui-ci s’est formé en France à la fin du XIXe siècle. Après une réflexion sur le Havre et sur son statut de ville où l’on buvait le plus, cette contribution passe en revue les démarches de Jules Siegfried au niveau municipal, ainsi que l’activité prolifique du Comité antialcoolique des dames du Havre. Elle se termine par l’analyse du concours de Jules et Julie Siegfried à la lutte antialcoolique au niveau national.

"Protéger l'enfant de l'alcoolisme ? Analyse comparative des engagements de la Française Victoire Lecoy (1858-1932) et de la Suissesse Adèle Huguenin alias T. Combe (1856-1933)"
Avec Audrey Bonvin, Revue d'histoire de l'enfance irrégulière, n° 25, 2023, p. 49-69.
À travers deux portraits de militantes « antialcoolistes » – la Française Victoire Lecoy et la Suissesesse Adèle Huguenin alias T. Combe –la présente contribution cherche à sortir de l’ombre l’action des femmes dans les mouvements français et suisse. Après une étude des imaginaires du tournant du XIXe et du XXe siècles liant l’alcoolisme à « l’enfance difficile » et des rôles qui incombent aux femmes dans la protection de jeunes générations, nous proposons une analyse comparative des parcours, des engagements et des discours de deux femmes dans le champ de la propagande infantile. Une réflexion sur les traces écrites laissées par les militantes occupe une place centrale dans cet article, autant qu’un questionnement sur l’action féminine dans l’histoire et dans l’historiographie du mouvement antialcoolique.

"Comité antialcoolique des dames du Havre et ses établissements de tempérance (1897 – années 1930)"
Histoire, économie et société, vol. 42, n° 1, 2023, p. 47-60. DOI.
Le Comité antialcoolique des dames du Havre est fondé en 1897. Très rapidement, ses membres déploient une activité surprenante, ouvrant et gérant plusieurs établissements de tempérance. Des roulottes, des cantines, des maisons de marins et de soldats ainsi que des restaurants populaires sont conçus comme moyens pratiques de l’éducation antialcoolique de la population havraise. Les roulottes de tempérance reçoivent l’admiration unanime des militants de la France entière, qui essaient, sans succès, de reproduire l’expérience dans d’autres régions. Cet article met au jour l’histoire de l’association des dames havraises, et étudie en particulier les raisons de sa popularité et de sa vitalité.

"Effets de la Guerre 14-18 : rôle de l'hebdomadaire féministe La Française dans la restriction de la consommation d'alcool à l'école maternelle et primaire"
dans Marguerite Figeac-Monthus, Marie-Anne Chateaureynaud, Céline Piot, Pauli Davila, Luis M. Naya (dir.), Vigne, vin et éducation du XVIIIe siècle à nos jours, La Crèche, La Geste éditions, 2022, p. 162-173.
Cette contribution s’intéresse à l’éclosion de l’arrêté de 17 juillet 1916, « modifiant les règlements scolaires modèles des écoles maternelles, des écoles primaires élémentaires et des écoles primaires supérieures publiques ». Il interdit l’utilisation de toutes les boissons alcooliques à l’école maternelle et la restreint dans les écoles primaires. Sa publication relève de l’activité de l’hebdomadaire féministe La Française, qui engage une grande campagne antialcoolique dès le printemps 1915. La Française se penche sur le problème de la consommation de l’alcool à l’école de façon fortuite, et construit pas à pas son action de sensibilisation dans les écoles parisiennes qui ensuite se répand sur tout le territoire français. L’arrêté de 17 juillet devient ainsi le premier texte officiel encadrant la consommation d’alcool à l’école.

"La production et la consommation de l'alcool et la lutte contre l'ivrognerie en province de Kalouga (1894-1914)"(en russe)
dans Aleksey Razdorskiy (dir.), Alcool et de la lutte contre l'alcoolisme en Russie depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, Moscou, Staraya Basmannaya, 2022, p. 652-660.
Ce papier étudie les particularités locales de la production et de la consommation de l'alcool en province de Kalouga. Par sa position limitrophe de Moscou, son déclin économique et son abondance de débits de boissons la province se révèle un cas particulier.
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Cherchez la femme : histoire du mouvement antialcoolique en France (1835-1954)
Paris, IFJD Éditions, 2021, 570 p. – acheter sur le site des éditions
Maria Legrain, Marie Poujol, Marguerite Fallot-Matter, Cécile Brunschvicg - ces noms ne disent probablement rien à personne, à l'exception du dernier, bien connu des historien·ne·s des féminismes. Le point commun de toutes ces militantes est leur engagement antialcoolique qui prend différentes formes : les unes fondent des associations, d'autres sont de simples adhérentes qui oeuvrent au quotidien, certaines portent le combat sur les plans politique et/ou féministe. En s'intéressant à la place, aux rôles et aux activités des femmes, ce livre renouvelle et approfondit l'histoire du mouvement antialcoolique en France : depuis ses débuts hésitants en 1835, lorsqu'une éphémère société de sobriété voit le jour à Amiens, jusqu'à l'entrée en vigueur d'un « antialcoolisme d'État » par Pierre Mendès France en 1954.

"Antialcoolisme"
dans Hervé Guillemain (dir.), Dicopolhis, 2021 – lire en ligne.
Depuis plus de deux siècles, les milieux médicaux, politiques et sociaux à travers le monde débattent des enjeux de la lutte contre l’alcoolisme. Histoire du mouvement transnational de tempérance au prisme de l’exemple français.

"Le mouvement antialcoolique français face aux prohibitions (1914 – années 1930)"
Actes du colloque Prohibition 1919-2019, 2021.
Pour les militants antialcooliques des États-Unis, la prohibition instaurée en 1919 est l’aboutissement d’un long combat de près d’un siècle. Pour les militants dans d’autres pays, cet acquis devient un exemple ou un contre-exemple : les uns saluent cette mesure drastique comme le moyen le plus sûr pour délivrer la population de l’alcoolisme, les autres présagent déjà des problèmes de fraudes et de contrefaçons. Les critiques sont nombreuses, surtout sous le prisme de l’échec de la prohibition russe (1914) et de la réserve par rapport au système Bratt appliqué en Suède (1917).
Ce papier analyse l’attitude du mouvement français de tempérance face à cette vague de mesures législatives dans le monde, à partir des articles publiés dans la presse généraliste et spécialisée. La prise en compte des situations russe et suédoise permet de mieux comprendre la désapprobation exprimée après le vote du Volstead Act par la Ligue Nationale contre l’Alcoolisme, la principale association française, prônant la tempérance et la modération dans la consommation des boissons alcoolisées. En revanche, les petites associations, pratiquant l’abstinence totale, sont admiratives devant la politique de prohibition imposée aux États-Unis, et espèrent, bien évidemment, que le gouvernement français imite l’expérience. Enfin, dans les années 1920, quelques journalistes, qui craignent que la vague prohibitionniste n’atteigne la France, publient des articles dénonçant l’activité de tout le mouvement antialcoolique, sans faire de distinction entre les abstinents et les tempérants.
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Cherchez la femme : histoire du mouvement antialcoolique en France (1835-2013)
Thèse de doctorat, dir. Myriam Tsikounas, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, soutenue le 2 juillet 2020 - télécharger sur HAL.
Maria Legrain was the most active temperance woman in France at the turn of the nineteenth and twentieth centuries. Married to Paul-Maurice Legrain, well-known alienist and founder of the popular temperance association the French Anti-alcohol Union, Maria Legrain was closely linked to her husband’s work and personality. The couple organized public conferences, opened temperance restaurants in Paris, and participated in many national and international congresses. In 1899, after the Seventh International Congress against the abuse of alcoholic liquors, Maria Legrain founded the French Female Temperance Union, the first female temperance association in France. She then proceeded, in 1902, to create an asylum for inebriates of the upper classes, and 10 years later received a prize in medicine for her treatment work.

"The Making of a Hero: Maria Legrain, a French 'Temperance Apostle'"
The Social History of Alcohol and Drugs, 2, 2019, p. 206-229.
Maria Legrain was the most active temperance woman in France at the turn of the nineteenth and twentieth centuries. Married to Paul-Maurice Legrain, well-known alienist and founder of the popular temperance association the French Anti-alcohol Union, Maria Legrain was closely linked to her husband’s work and personality. The couple organized public conferences, opened temperance restaurants in Paris, and participated in many national and international congresses. In 1899, after the Seventh International Congress against the abuse of alcoholic liquors, Maria Legrain founded the French Female Temperance Union, the first female temperance association in France. She then proceeded, in 1902, to create an asylum for inebriates of the upper classes, and 10 years later received a prize in medicine for her treatment work.
Cet article a été récompensé par le Prix Veissière 2026 de la Société française d'alcoologie et d'addictologie.

Honoré Bauda et Anne Joséphine Lamy, 11 février 1839, Bouvellemont (Ardennes)
Nîmes, 2019 - lire en ligne.
Mémoire de fin d'études à l'université de Nîmes, DU "Généalogie et histoire des familles". Généalogie ascendante et descendante à partir d'Honoré Bauda et Anne Joséphine Lamy – grands-parents maternels de Maria Legrain, fondatrice de l'Union française des femmes pour la tempérance.

"Cafés sans alcool à Paris : œuvre par et pour des étrangers (fin du XIXe siècle)"
Bulletin de l'institut Pierre Renouvin, 50, 2019, p. 17-31 – lire sur cairn.
En 1889, les visiteurs et les visiteuses de l’Exposition universelle à Paris découvrent, au sein de la section de l’économie sociale, un nouveau concept de débit de boissons : un café populaire de tempérance. Présenté et mis en place par les membres de l’Union chrétienne mondiale des femmes pour la tempérance, l’œuvre s’avère inadaptée au contexte antialcoolique français. Seule Miss de Broen, une bienfaitrice anglaise, décide d’imiter l’exemple de l’Exposition, et ouvre un établissement de tempérance dans un quartier touristique de Paris.

"Journal de Marie Poujol : histoire d'une protestante engagée dans la lutte antialcoolique à Paris (1895-1912)"
Revue du Nord, HS coll. "Histoire", 37, 2019, p. 95-108.
Le 7 décembre 1893, la famille Poujol dîne avec un ami abstinent et le 15 novembre 1895, Marie Poujol et son époux signent leur propre engagement d'abstinence. Ces événements dont Marie fait part dans son journal personnel introduisent la lutte antialcoolique dans le quotidien de cette famille. Notre contribution vise à présenter une étude du cas – celle d'une protestante engagée dans la lutte antialcoolique au tournant 1900 à Paris – à partir d'une source unique qu'est le journal de Marie Poujol.

"Boire de l'eau dans les restaurants de tempérance en France (fin du XIXe – début du XXe siècle)"
dans Didier Nourrisson (dir.), L'eau, source de vie. Actes du colloque du Festival d'Histoire de Montbrison des 15-16 novembre 2018, Montbrison, Éditions La Diana, 2019, p. 255-272.
Dans les années 1890, les Français assistent au développement du nouveau type de débit de boissons – restaurants ou bars dits « de tempérance ». Le principe de ces établissements est simple : proposer aux clients des rafraichissements sains et sans alcool, à l’opposé des cabarets et estaminets qui, souvent, ne servent que des boissons alcoolisées. Ces nouveaux commerces sont implantés à la sortie des usines (Épinal, Thaon), dans les ports (le Havre, Saint-Nazaire), mais aussi dans les petites et grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Brest, etc.).
Aujourd’hui, on pourrait supposer que l’eau soit une des boissons principales de ces restaurants. Or, ceci n’est pas évident au XIXe siècle : en France, il est impossible de rentabiliser le restaurant de tempérance avec l’eau comme boisson de base. De cette façon, la plupart des établissements sont obligés de servir du vin et des bières en même temps que de l’eau et des limonades. À l’inverse des temperance bars en Grande Bretagne ou encore en Suisse, où ce commerce est prospère sans aucune boisson alcoolisée.
En mobilisant des sources variées (presse antialcoolique, publicité, cartes postales), cette contribution étudie la consommation de l’eau dans les restaurants antialcooliques en France à la Belle Époque. Boisson hygiénique par excellence, l’eau figure pourtant rarement à la carte des restaurants antialcooliques, et jamais sur les devantures des établissements. Ainsi, ce sujet s’inscrit-il dans la réflexion sur « l’exception française » en matière de tempérance.

"'Coutume grotesque importée d'Amérique' : la campagne contre les cocktails en France de l'entre-deux-guerres"
dans Didier Nourrisson (dir.), Boire et manger une histoire culturelle. Actes du colloque du Festival d'Histoire de Montbrison des 4-5 novembre 2016, Montbrison, Éditions La Diana, 2018, p. 241-252.
Dans l’entre-deux-guerres, face à la popularité croissante des cocktails, certains Français s’élèvent contre la nouvelle boisson « néfaste ». Les idées et les discours anti-cocktail sont particulièrement foisonnants au tournant des années 1930, à l’époque dite « de cocktail », quand la boisson conquiert les élites. Cette contribution met au jour les propos hygiénistes et moralisants des médecins qui dénoncent « l’alcoolisme mondain », notamment parmi les femmes et les jeunes filles. Avant d’évoquer les réactions souvent violentes des vignerons et des gastronomes, l’étude se concentre sur les discours des organisations antialcooliques. La campagne en faveur de la consommation de fruits, appelée aussi « l’antialcoolisme constructif », occupe une place importante dans leur propagande, mais prend une tournure inattendue quand elle est orientée contre les cocktails.

"Histoire des discours autour de l'alcoolisme féminin"
Les Dossiers de la Croix-Bleue, 2, 2017, p. 3.
Du mémoire La femme et l'alcoolisme du Docteur Albert-Joseph Desvoisins à la mode des cocktails dans les années 1930.

"L'Union des Françaises contre l'alcool : pour une histoire de l'antialcoolisme (1916-1940)"
Alcoologie et addictologie, vol. 39/2, 2017, p. 120-127 – lire en ligne.
L’Union des Françaises contre l’alcool (UFCA) est fondée par Madame Fallot-Matter en 1916. Son but essentiel est de convaincre les pouvoirs publics de diminuer, voire d’interdire la consommation des alcools distillés. Grâce à un vaste réseau de relations de la présidente et des membres éminents de l’association (parmi lesquelles on trouve Mesdames Siegfried, de Witt-Schlumberger et Brunschvicg), l’Union se fait connaître dans les milieux politiques et médiatiques. Son second objectif est de transformer en profondeur les “mentalités” : l’UFCA mène une large campagne de propagande auprès du grand public pour avertir les Français et les Françaises des méfaits de l’alcool. Elle participe régulièrement aux salons, foires et expositions, où les activistes distribuent les appels, tracts, brochures, cartes postales, et demandent aux visiteurs de signer leurs pétitions. Conduite à s’affilier à la Ligue nationale contre l’alcoolisme en 1935, l’Union continue cependant d’élaborer et de diffuser sa propre propagande. Son activité s’arrête au début de la Seconde Guerre mondiale, avec le départ au front de certaines de ses adhérentes, et surtout de sa nouvelle présidente, Madame Schlœsing-Meynard.

"Pratiques de mobilisation des femmes pour la cause antialcoolique en France : militantes, enseignantes, femmes de plume (1873-1903)"
Genre & Histoire, 19, 2017 – lire sur openedition.
Après la guerre contre la Prusse et la Commune s’affirme en France un mouvement antialcoolique, à la fois scientifique, élitiste et... masculin. D’après certain.es chercheur.es, les femmes en sont exclues, et restent cantonnées, par les pratiques et les discours, à leurs rôles traditionnels de femmes au foyer. Pourtant, l’examen des revues antialcooliques de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle donne à voir de nombreuses personnalités féminines, très estimées de leurs contemporains, mais ignorées par ces mêmes chercheur.es. La présente étude s’intéresse à ces femmes, dont les activités ont contribué à la transmission des idées tempérantes. En regroupant ces prêcheuses d’antialcoolisme en trois grandes catégories – militantes, enseignantes et femmes de plume –, l’article vise à démontrer que les femmes ont contribué, au même titre que leurs homologues masculins, à l’éducation hygiénique des Français.

L'alcool et l'alcoolisme en province de Kalouga (1894-1929)
Sous la direction d'Alexandre Sumpf, Moscou, 2014.
Mémoire de fin d'études réalisé au Collège Universitaire Français (Université d'État de Moscou).



































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